Depuis 1994, il n’est plus possible de prendre le train de passagers à Richmond. La directrice des productions de Brousse, Juliana Léveillé-Trudel, se penche sur l’histoire de ce moyen de transport à Richmond, ancien carrefour important vers une multitude de destinations.
C’est le véhicule du balado, qu’elle a choisi d’emprunter, afin de rassembler témoignages, mémoires et recherches sur le sujet, sous le titre de Prendre le train.
Celle qui est également écrivaine et créatrice d’événements littéraires et théâtraux mène un projet plus large, celui d’un documentaire scénique intitulé Si j’avais pas de char. Axé sur les enjeux de mobilité sans voiture, le documentaire sera présenté en personne, sur scène, à partir de 2027.
En marge de Si j’avais pas de char, Juliana Léveillé-Trudel a choisi de se pencher sur la question du transport par train dans le secteur de Richmond.
Lors de sa recherche pour le documentaire, Juliana Léveillé-Trudel est partie à la rencontre de Gilles Gagné, un journaliste passionné de la question du train en Gaspésie. Elle s’est rendu compte que l’arrêt du service trouvait écho en Estrie.

Elle-même originaire de Kingsbury, tout près de l’ancien confluent ferroviaire d’importance, elle se souvient de membres de la famille qui prenaient le train.
«Je savais que le train de passagers avait été très important dans la région, et que là, tout avait disparu. Je me suis dit que ce serait intéressant d’aller à la rencontre de gens qui ont connu l’époque du train.»
L’histoire d’une disparition
Le train de passagers a cessé ses activités à Richmond en 1994. «En première partie, on a un un portrait de la vie de l’époque, avec des témoignages de personnes âgées de parfois plus de 90 ans. On a fait une collaboration avec la résidence Richmond, qui était autrefois un hôtel où les voyageurs descendaient. J’ai eu la chance de rencontrer une dame qui a travaillé à cet hôtel quand elle avait 16 ans et qui y a emménagé il y a quelques années, après que ce soit devenu une résidence pour aînés.»
«J’ai aussi consulté un passionné de l’histoire de Richmond qui m’explique justement pourquoi c’était un centre ferroviaire aussi important. Puis, j’ai aussi des extraits d’archives radio qui parlent de l’époque où on a commencé à couper le service de transport de passagers.»
«J’essaie de comprendre le contexte. Ça se conclut avec des pistes pour voir comment on peut ressusciter ce service-là.»
«Ma grande question, c’est pourquoi les gens ont laissé faire ça? Il ne semble pas y avoir eu beaucoup de contestation ni de lutte. Il y a peut-être une question de génération, la génération silencieuse qui a connu la crise économique et la Deuxième Guerre mondiale, qui est réputée pour être un peu fataliste et pas très revendicatrice. Pour beaucoup de gens très modestes, la voiture était un symbole d’enrichissement, d’affranchissement. Donc, je réfléchis à ces questions-là.»

Le rêve d’une vie sans voiture
«J’ai un parti pris clair, je le dis. Je suis assez anti-voiture et assez protransport collectif», affirme Juliana Léveillé-Trudel.
«J’aimerais quitter Montréal et aller vivre dans un village, ou dans une ville beaucoup plus petite, mais je ne veux pas acheter de voiture, parce que c’est contre mes valeurs. Je conduis, j’ai accès à l’autopartage, mais je ne veux pas posséder de voiture. Je cherche à savoir si c’est faisable, à notre époque, de vivre en dehors d’une grande ville sans avoir de voiture.»
Le balado Prendre le train sera lancé au musée de l’Ardoise, au 5, rue Belmont à Richmond, le 20 août à 14 h. Il s’agira également d’un événement de clôture de saison au musée.
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